Combien coûte un site internet pour une petite entreprise ?
Vous demandez trois devis pour le même site. Le premier annonce 800 €, le deuxième 3 200 €, le troisième 6 000 €. Aucun des trois ne ment. Voici ce qui explique l'écart, et surtout ce qu'on oublie de vous chiffrer.
Pourquoi trois devis pour le même site vont du simple au septuple
L'écart ne vient presque jamais du nombre de pages. Il vient de ce que chacun met derrière le mot « site ».
Le devis à 800 € couvre l'installation d'un thème acheté 60 €, dans lequel vos textes sont versés. C'est un travail réel, et pour certains besoins c'est suffisant. Mais le prestataire ne compte que les heures de mise en place : ni la conception, ni ce qui vient après.
Le devis à 6 000 € comprend des maquettes, une charte, des photos, une structure pensée pour le référencement, des tests. C'est le prix d'un travail sur mesure, justifié quand votre site est votre outil commercial principal — beaucoup moins pour une entreprise de trois personnes qui a besoin d'exister en ligne et d'être trouvée.
Entre les deux, il y a l'écart le plus important : ce que le devis ne dit pas.
Ce qui n'apparaît sur aucun devis de création
Un site n'est pas un objet qu'on livre. C'est une installation qui fonctionne, et qui se dégrade si personne ne s'en occupe. Voici ce que vous paierez de toute façon, que ce soit prévu ou non.
L'hébergement et le nom de domaine
De 60 à 200 € par an selon la formule. C'est la dépense la plus visible, et la seule que tout le monde anticipe.
Les mises à jour
WordPress, son thème et ses extensions publient des correctifs en permanence, souvent pour combler des failles de sécurité connues. Un site laissé six mois sans mise à jour n'est pas « un peu en retard » : il est ouvert. Les attaques ne visent personne en particulier, elles balaient le web à la recherche de versions vulnérables.
Compter une à deux heures par mois si vous le faites faire, ou une heure de votre temps si vous vous en chargez — à condition de savoir quoi faire quand une mise à jour casse l'affichage.
Les sauvegardes
Beaucoup d'hébergeurs en proposent, avec une réserve que peu de gens lisent : elles servent à restaurer leur infrastructure, pas votre site en particulier. Une sauvegarde utile est quotidienne, conservée plusieurs semaines, et surtout testée. Une sauvegarde qu'on n'a jamais essayé de restaurer n'est pas une sauvegarde, c'est une intention.
Les modifications
C'est le poste le plus sous-estimé. Vos horaires changent, vos tarifs évoluent, une prestation disparaît, une photo n'est plus d'actualité. Sans contrat d'entretien, chaque changement se demande, se devise, s'attend.
Résultat observable sur des milliers de sites de TPE : au bout de deux ans, les informations sont fausses. Non par négligence, mais parce que la friction est trop grande pour une correction de dix minutes.
Le calcul sur cinq ans, qui seul veut dire quelque chose
Comparons deux trajectoires réalistes pour la même entreprise.
Site payé une fois, entretenu au coup par coup
- Création : 2 500 €
- Hébergement et domaine : 120 € par an, soit 600 €
- Interventions ponctuelles : environ 400 € par an, soit 2 000 €
- Refonte à cinq ans, parce que le site a vieilli : 2 500 €
Total sur cinq ans : environ 7 600 €, avec des périodes où le site n'est pas à jour et des informations parfois périmées.
Site en abonnement
- Frais d'installation : 390 €
- Abonnement à 69 € par mois pendant cinq ans : 4 140 €
Total sur cinq ans : environ 4 530 €, hébergement, mises à jour, sauvegardes et modifications comprises.
L'écart n'est pas la question principale. Ce qui change, c'est qu'aucune dépense ne surgit sans prévenir, et que personne n'a à décider si une correction de dix minutes vaut la peine d'être demandée.
Quand l'abonnement n'est pas le bon choix
Il ne l'est pas toujours, et autant le dire ici plutôt qu'en rendez-vous.
Si vous avez une équipe technique en interne, vous n'avez pas besoin qu'on entretienne votre site : vous avez besoin qu'on le construise, puis qu'on vous laisse.
Si votre site doit se connecter à votre logiciel de gestion, à un système de réservation particulier ou à un catalogue de dix mille références, aucun socle standardisé ne conviendra. C'est du développement spécifique, et cela se devise comme tel.
Et si votre activité ne dépend pas du web — vous vivez du bouche-à-oreille et vous ne cherchez pas de nouveaux clients — un site simple, même figé, peut suffire. Une fiche d'établissement bien tenue vous apportera d'ailleurs plus de visites qu'un site négligé.
Les trois questions à poser à n'importe quel prestataire
Quel que soit celui que vous choisirez, ces questions vous éviteront les mauvaises surprises. Notez les réponses par écrit.
- Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ? S'il est au nom du prestataire, changer de fournisseur devient une négociation. C'est votre adresse : elle doit vous appartenir.
- Que se passe-t-il si j'arrête ? Demandez précisément ce qu'on vous rend, sous quel format, et dans quel délai. Une réponse vague est une réponse.
- Qui met à jour, à quelle fréquence, et comment le sais-je ? Un entretien qu'on ne peut pas vérifier est un entretien qu'on paie sans savoir s'il a lieu.
En résumé
Un site coûte peu à la création et beaucoup dans la durée, ou l'inverse. Les devis qui ne parlent que de création ne sont pas malhonnêtes : ils sont incomplets, et c'est vous qui découvrirez la suite.
Avant de comparer des prix, comparez ce qu'ils couvrent sur cinq ans. C'est le seul calcul qui reflète ce que vous dépenserez réellement.
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