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Vos droits

Que faire de son site quand on change de prestataire

Votre prestataire ne répond plus, ou vous souhaitez travailler avec quelqu'un d'autre. Avant d'annoncer votre départ, vérifiez ce qui vous appartient réellement. Cet ordre-là n'est pas un détail.

Vérifiez avant d'annoncer

C'est le seul conseil de cet article qui compte vraiment. Une fois votre départ annoncé, la coopération devient facultative, et vous découvrirez peut-être que vous n'avez pas les clés de votre propre site.

Prenez une heure pour faire l'inventaire ci-dessous. Ensuite seulement, ouvrez la conversation.

Les quatre choses à vérifier

1. Le nom de domaine

C'est le point le plus important, et le plus souvent négligé. Votre nom de domaine est votre adresse : sans lui, vous repartez de zéro, y compris pour vos adresses e-mail.

Rendez-vous sur un service whois — plusieurs sont gratuits — et saisissez votre domaine. Vous verrez qui en est le titulaire.

  • Titulaire : votre entreprise. Parfait. Il vous faudra seulement le code de transfert, que votre prestataire ou votre bureau d'enregistrement doit vous fournir.
  • Titulaire : votre prestataire. Le domaine ne vous appartient pas juridiquement. C'est fréquent, souvent sans mauvaise intention — le prestataire a acheté le domaine avec son compte, par commodité. Cela reste un point de blocage à traiter en priorité.

Si les informations sont masquées, votre prestataire seul peut vous dire ce qu'il en est. Demandez-le par écrit.

2. L'hébergement

Deux situations très différentes. Soit vous avez un compte à votre nom chez un hébergeur, soit votre site occupe un espace sur le serveur de votre prestataire, aux côtés de dizaines d'autres.

Dans le second cas, il n'y a rien à « récupérer » : il faudra installer votre site ailleurs. Ce n'est pas dramatique, mais cela prend du temps et suppose d'avoir les fichiers — voir le point suivant.

3. Les accès

Trois accès distincts, qu'on confond souvent :

  • L'administration WordPress, avec un compte de niveau administrateur. Si votre compte est « éditeur », vous ne pouvez pas tout récupérer.
  • Les fichiers du site, par FTP ou SFTP. C'est le site lui-même : thème, extensions, images.
  • La base de données, qui contient les textes, les pages, les commandes le cas échéant.

Les deux derniers permettent à n'importe quel professionnel de remonter votre site ailleurs. Sans eux, il faudra le reconstruire.

4. Vos contenus

Textes, images, articles, fiches produits, commandes, coordonnées de vos clients. WordPress dispose d'une fonction d'export — Outils, puis Exporter — qui produit un fichier reprenant l'essentiel du contenu éditorial.

Attention : cet export ne contient ni vos images, ni la configuration de votre thème. Faites-le tout de même, il vaut mieux que rien, mais ne comptez pas dessus pour tout reprendre à l'identique.

Ce que dit la loi, en deux phrases

Vos contenus vous appartiennent : textes, images que vous avez fournies, données de vos clients. Personne ne peut les retenir.

En revanche, le travail de conception — le thème sur mesure, les gabarits, le code écrit pour vous — n'est à vous que si votre contrat le prévoit expressément. En l'absence de clause de cession, l'auteur reste titulaire de ses droits. C'est la règle en droit français, et elle surprend beaucoup de monde.

Relisez votre devis ou votre contrat avant d'affirmer que le site est le vôtre.

Si votre prestataire ne répond plus

Cela arrive plus souvent qu'on ne l'imagine : cessation d'activité, maladie, changement de métier.

  1. Écrivez une demande formelle, par courriel avec accusé de lecture, en listant précisément ce que vous demandez : transfert du domaine, accès FTP, base de données, export des contenus. Fixez un délai raisonnable — quinze jours.
  2. Contactez directement le bureau d'enregistrement du domaine. Si vous êtes titulaire, il peut vous rendre la main sans passer par l'intermédiaire.
  3. Si le domaine expire bientôt, agissez immédiatement. Un domaine libéré peut être racheté par n'importe qui, et certains guettent précisément les domaines d'entreprises actives.

En dernier recours, une lettre recommandée puis une mise en demeure. Mais dans la grande majorité des cas, une demande écrite claire suffit : le silence vient plus souvent de la désorganisation que de la mauvaise volonté.

Ce qu'il faut vérifier avec le suivant

Pour ne pas revivre la même chose, posez ces trois questions avant de signer, et gardez les réponses par écrit :

  1. Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom ? La seule bonne réponse est oui, et vous devez pouvoir le vérifier vous-même.
  2. Quels accès me sont remis, et quand ? Administration, fichiers, base de données. À la livraison, pas sur demande.
  3. Que se passe-t-il si j'arrête ? Ce qu'on vous rend, sous quel format, dans quel délai. Une réponse vague aujourd'hui sera une réponse absente le jour venu.

Et de mon côté

Je préfère être clair, y compris sur ce qui ne joue pas en ma faveur.

Dans mes formules d'abonnement, le nom de domaine est enregistré à votre nom dès le premier jour, et vos contenus vous sont rendus gratuitement à tout moment, sans condition et sans avoir à donner de motif.

En revanche, le site lui-même reste ma propriété pendant l'abonnement : c'est ce qui permet un ticket d'entrée à 390 € au lieu de plusieurs milliers. Vous pouvez le racheter quand vous le souhaitez, à un montant qui diminue chaque mois. Tout cela est écrit dans les conditions de vente, avant que vous signiez.

Voir les formules et les conditions de rachat